À l'occasion du Sommet Canada-Union européenne, qui s'est tenu à Montréal fin octobre 2026, Égides, présidente de Pride 7, a porté les recommandations de la société civile LGBTQI auprès des plus hautes représentantes de l'Union européenne et du Canada. Retour sur une semaine de plaidoyer.
Un panel avec la Délégation de l'Union européenne au Canada
Le 26 octobre 2026, Égides pour Pride 7 et la Délégation de l'Union européenne au Canada ont réuni à Montréal un panel hybride : « Engager avec le G7 et le G20 pour les droits des personnes LGBTQI ».
Près de 150 personnes ont suivi les échanges, en salle et en ligne : représentant·es de la société civile, d'institutions et d'organisations internationales, issu·es de 24 pays et territoires. Près de la moitié se connectaient depuis le continent africain.
À partir des échanges entre les panélistes et des questions du public, Égides a formulé cinq recommandations à l'Union européenne, rassemblées dans un court rapport destiné à être remis en mains propres à ses représentant·es.

Photos : Marie Rousseau
Cinq recommandations à l'Union européenne
- Les droits des personnes LGBTQI ne sont pas une variable d'ajustement. Ils ne doivent pas être sacrifiés aux compromis diplomatiques, au G7 comme ailleurs, et doivent faire partie intégrante d'une politique étrangère qui place la démocratie et les droits humains au cœur du travail de l'Union européenne.
- Reconnaître, nommer et contrer la montée de la haine anti-genre et anti-LGBTQI, un mouvement organisé et très bien financé, notamment en défendant systématiquement le langage agréé dans les négociations multilatérales.
- Financer durablement les organisations LGBTQI et féministes, y compris leur sécurité, protéger les espaces civiques et soutenir la participation des mouvements du Sud global aux espaces de décision.
- Consulter les mouvements concernés avant toute initiative diplomatique, en particulier dans les contextes où les personnes LGBTQI sont criminalisées.
- Faire du rapprochement Canada-UE un levier de coordination diplomatique et d'une diplomatie féministe commune, en ligne avec le GAP IV, et soutenir Pride 7 face à la présidence américaine du G7 en 2027.
Une rencontre avec la vice-présidente exécutive de l'Union Européenne Roxana Mînzatu
Le 29 octobre, en marge du Sommet, Michaël Arnaud, directeur général d'Égides, a rencontré Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, et lui a remis en mains propres les recommandations de Pride 7 pour 2026, accompagné de Victoria Legault, coprésidente d'Égides, et Hayley Newman-Petryshen du Réseau Dignité Canada.

Trois messages ont été transmis :
- l'Union européenne doit mener une politique étrangère féministe et inclusive des personnes LGBTQI ;
- la société civile LGBTQI doit avoir une place centrale dans le rapprochement entre l'UE et le Canada, à commencer par les échanges du Sommet ;
- la stratégie de l'UE pour l'égalité des personnes LGBTQI 2026-2030 est adoptée : il faut maintenant des moyens à la hauteur pour la mettre en œuvre.
Une question à Kaja Kallas et Anita Anand
Le même jour, l'Université de Montréal et le Centre Jean Monnet de Montréal organisaient au Marché Bonsecours la conférence « Le Canada et l'Union européenne : partenaires stratégiques et alliés pour l'avenir ». Kaja Kallas, haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Anita Anand, ministre des Affaires étrangères du Canada, y ont échangé pendant 45 minutes sur leurs défis géopolitiques communs, sous la modération de Frédéric Mérand, directeur du Département de science politique de l'Université de Montréal.
Une seule question du public a été retenue : celle de Michaël Arnaud, au nom d'Égides et de Pride 7.
Alors que le contexte mondial devient de plus en plus hostile aux droits humains, à l'égalité de genre et en particulier aux droits des personnes LGBTQI, sous l'impulsion des États-Unis, le Canada et l'UE s'engageront-ils à être et à rester des alliés qui se font entendre ? Notamment par des politiques étrangères concertées et féministes, qui nomment la haine et s'y opposent publiquement, qui protègent délibérément les droits humains et les droits des personnes LGBTQI, y compris en soutenant politiquement et financièrement les mouvements de la société civile ?
Michaël Arnaud, directeur général d'Égides (question posée en anglais)
Anita Anand a répondu oui, sous les applaudissements de la salle. Elle a affirmé que l'égalité de genre, les droits des personnes LGBTQI et ceux des peuples autochtones restent au sommet de la politique étrangère du Canada, que ces valeurs ne seront pas remplacées, et que le Canada comme l'UE sont reconnus dans le monde comme des phares pour ces valeurs.
Kaja Kallas a également répondu oui, tout en reconnaissant que c'est de plus en plus difficile. Elle a décrit un climat où de grands acteurs ouvertement misogynes servent d'exemple, où les discussions sur les droits humains sont souvent écartées au profit des affaires, et où la Cour pénale internationale fait l'objet de fortes pressions, que l'UE combat. Elle a rappelé que l'UE finance de nombreux pays et attend d'eux qu'ils respectent certains droits.
Anita Anand a conclu en soulignant le rôle des deux partenaires pour défendre ces principes, notamment dans leurs rencontres bilatérales, et l'importance de travailler main dans la main avec l'UE : ensemble, on pèse plus.
Et maintenant ?
Ces engagements publics sont importants. Égides et Pride 7 continueront de suivre leur mise en œuvre, en particulier le financement de la stratégie LGBTIQ de l'UE et la place faite à la société civile dans le partenariat Canada-UE, en vue de la présidence américaine du G7 en 2027.


